• Sylvie Lapointe

Parabole : la chenille et le papillon

Updated: Jun 9



Le 9 juin 2020


La chenille et le papillon ne voyaient pas le monde de la même manière. Mais alors pas du tout! Leur vision du monde était si différente qu’on aurait dit qu’elles n’habitaient pas le même jardin. Certes, il y a de ça très longtemps, elles avaient essayé de s’expliquer, mais leurs points de repère étaient si dissemblables que c’était comme si elles ne parlaient pas le même langage.


De son côté, la chenille voyait le monde en noir et blanc : assez ou pas assez. La chenille n’avait qu’un objectif : manger à sa faim! Cette pulsion de manger sans arrêt était motivée par sa conviction qu’elle vivait dans un monde où les ressources étaient rares et que pour survivre il fallait être le plus beau et le plus fort…et le plus égoïste. La vie c’était une grande compétition. Pour gagner la compétition, il faut être la première à trouver des feuilles tendres. Et, parce qu’elle avait peur qu’il n’y en ait pas assez, elle dévorait tout sur son passage sans se préoccuper des autres chenilles qui cherchaient à manger aussi.


« Ah que c’est difficile la vie! » s’exclamait la chenille. « Tous les jours, je me traîne les pattes le long d’une tige à la recherche de nourriture. Tant d’effort pour parcourir juste quelques centimètres. Le monde est morne, juste des teintes de vert et de brun. C’est ennuyant! Tous les jours, c’est la même chose. Je me hisse péniblement sur une tige, je mange les feuilles et je recommence. Je dois avouer que ça m’arrive souvent de trop manger. J’en ai mal au ventre. Mais je me dis que peut-être demain je ne trouverai pas assez à manger donc je vais me gaver aujourd’hui au cas où… » « Et les autres chenilles? » me dit-on. « Bof, les autres chenilles n’ont qu’à se trouver des feuilles elles aussi si elles veulent survivre. C’est une compétition après tout! »


Le papillon est éberlué en l’entendant. Il ne comprend pas du tout la chenille. « Dame Chenille » dit-il. « Ne voyez-vous pas comment le monde est beau et généreux? Le jardin est abondant. Il ne manque de rien. Il y a une variété infinie de plantes et de fleurs multicolores. Vous avez des voisins insectes, oiseaux et mammifères. Chacun a sa raison d’être, de la plus petite coccinelle au gros écureuil. Ensemble, chaque créature et chaque plante forme un tout harmonieux. Nous sommes tous interdépendants l’un de l’autre. Le bonheur de l’un fait le bonheur de l’autre. »


« Ah non. Vous vous trompez, Monsieur Papillon. C’est chacun pour soi. Je me fous bien des autres. » Réponds la chenille d’un ton acerbe. Puis la chenille se dit : « J’en ai assez de tout ça. Je vais aller m’enfermer dans mon cocon pour ne plus le voir et l’entendre. » Seule dans son cocon il fait bien noir. Ses émotions sont noires aussi. Plutôt que de se sentir à l’abri et soulagée, la chenille vit un grand chambardement existentiel. Les vérités de Monsieur Papillon se frayent un chemin dans son cœur. « Et s’il avait raison? J’aimerais bien voir le monde de la même façon que Monsieur Papillon : un jardin fructueux où chaque créature s’entraide pour le bien-être de tous. Si je ne suis pas la seule créature dans ce jardin, ma quête obstinée pour trouver de nouvelles feuilles à ravager a eu des conséquences néfastes sur les autres. Je suis une égoïste et une sans cœur! » La pauvre chenille s’est débattue contre cette douloureuse réalisation.


La pauvre chenille se débat contre cette douloureuse réalisation. Elle a honte. Elle pleure. Puis la lumière fut. Son affrontement à cette partie ombrageuse de son être perce un trou dans son cocon. Un trou qui grandit avec la libération de chacun de ses modes de pensée archaïque et désuet.


Finalement, la chenille fait sa grande sortie, le cœur allégé, se sentant transformée. En fait, elle se sent si légère qu’elle a l’impression de voler. « Que c’est étrange », se dit-elle. « Je ne reconnais plus le jardin. C’est beaucoup plus vaste que dans mon souvenir. Et beaucoup plus coloré. » Tout à coup, la chenille réalise que des ailes lui ont poussé pendant son confinement. En changeant son monde intérieur elle s'ést véritablement métamorphosée. Elle vole! Elle s’élève dans le ciel. Elle voit ce que le papillon voit, car elle est devenue papillon à son tour.


Exercice de réflexion :

1. Quelle partie de votre personnalité est plutôt « chenille »? Y a-t-il des aspects de vous que vous préférez garder dans l’ombre? Des parties de vous dont vous n’êtes pas fiers?

2. Quelles sont les croyances qui limitent…

· Votre estime de soi?

· Votre relation avec votre famille?

· Votre contribution à votre vie professionnelle?

· Votre contribution à la société?

· Votre relation avec l’environnement?

3. Comment pourriez-vous réévaluer ces croyances limitantes et les laisser-aller?

4. Comment pourriez-vous changer votre perspective du monde comme la chenille devenue papillon? Quel nouveau paysage s’ouvrirait à vous si vous changiez vos croyances limitantes?

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