• Sylvie Lapointe

Acheter le bonheur

Le 6 mai 2020


Il était une fois un peuple qui vivait un rêve collectif : celui que le bonheur « s’achetait » et pour acheter le bonheur, il fallait beaucoup, beaucoup d’argent.


Pour gagner de l’argent, les gens devaient se trouver un travail et y sacrifier son temps et son énergie et parfois… son âme. Avec cet argent, les gens pouvaient s’acheter une maison qu’ils n’avaient pas le temps d’entretenir et où ils passaient peu de temps. Avec cet argent, ils pouvaient acheter une voiture dans laquelle ils passaient des heures interminables dans les bouchons de circulation pour se rendre au travail. Avec cet argent, les gens pouvaient acheter des vêtements, des souliers, des bijoux, des soins cosmétiques et des coupes de cheveux, pour mieux paraître et impressionner quand ils étaient au travail ou en société. Avec cet argent, les gens s’achetaient de la malbouffe ou des soupers au restaurant parce qu’ils n’avaient pas le temps, ou l’énergie, de cuisiner. Avec cet argent, les gens s’achetaient des vacances pour compenser les 50 semaines où ils étaient trop occupés pour passer du temps avec leur famille. Avec cet argent, les gens (qui se comparaient constamment aux autres pour voir comment ils s’achetaient le bonheur) s’achetaient d’autres choses pour être comme les autres, et même mieux que les autres.


Et pendant toutes ces années de travail, 35-45 ans de travail, les gens mettaient de côté de l’argent pour leur retraite quand ils ne pourraient plus gagner de l’argent. Malheureusement pour plusieurs, à cet âge avancé, et si épuisé par ses décennies de travail, leurs corps les laissaient tomber, des petits et des gros bobos, et c’était plus difficile de profiter de cette nouvelle liberté.


Puis la pandémie du COVID-19 est arrivée et nous sommes retournés chez nous, en confinement. On a eu peur. On a chialé. On s’est ennuyé. Mais, on a commencé à réaliser des choses. On a réalisé qu’on pouvait continuer à travailler de la maison tout en passant plus de temps de qualité avec notre famille. On a réalisé qu’on gagnait beaucoup de temps à ne pas conduire aller-retour au travail, du temps qu’on pouvait réinvestir dans nos passe-temps oubliés comme la musique, l’art, la lecture, le jardinage, la bicyclette ou le patin en ligne. On a réalisé qu’on n’avait pas besoin de beaux vêtements ou de belles voitures pour impressionner les gens. On pouvait se distinguer par nos idées, nos gestes et notre grand cœur. On a réalisé qu’on avait vraiment manqué les petites choses de la vie : les repas en famille; les jeux de société, le plaisir de cuisiner des petits plats, les marches au grand air, les conversations téléphoniques avec nos parents, nos frères et sœurs, nos amis.


On a réalisé qu’on avait « perdu » notre raison d'être, voire même notre âme, à force de s’acharner à gagner de l’argent pour acheter du bonheur.


Le bonheur ne s’achète pas. Le bonheur est là. Dans les petites choses au quotidien.


Si vous aviez à écrire l'histoire de votre expérience en confinement :

  • Quel titre donneriez-vous à votre histoire ?

  • Qui sont les acteurs principaux dans votre histoire de confinement ?

  • Y a-t-il des héros ? Des méchants?

  • Qu'est-ce qui a été le plus grand défi pour vous lors de ce confinement ?

  • Quelles ont été les belles surprises de ce confinement ?

  • Avez-vous fait de nouvelles réalisations sur vous-même ?

  • Quels changements souhaitez-vous apporter à votre vie "après" le confinement ?



© 2014 L2 Emergence - all rights reserved 

Design by Samantha Clusiau-Lawlor

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now